France : des gummies jusqu’à 30 mg de THC rappelés
Trois rappels nationaux visent des gummies affichant 10, 20 ou 30 mg de THC par unité. RappelConso demande de ne plus les consommer en France.

Trois rappels nationaux publiés les 6 et 7 octobre 2026 concernent des gummies affichant respectivement 10, 20 et 30 mg de THC par unité. Les fiches diffusées sur RappelConso demandent aux consommateurs de ne plus utiliser ces produits, vendus en vrac dans toute la France par la SARL THITAN, et de les rapporter au point de vente.
L’alerte est notable par les doses annoncées, mais elle appelle une lecture précise. Les fiches ne font état ni d’hospitalisations ni de cas d’intoxication recensés. Elles ne publient pas non plus de résultats analytiques détaillés. Elles documentent en revanche une non-conformité déclarée par le professionnel et un risque lié au delta-9-THC, substance psychoactive qui ne doit pas être confondue avec le CBD.
Trois dosages et plusieurs saveurs concernés
Deux premiers rappels volontaires ont été publiés le 6 octobre. Le premier porte sur des gummies indiqués à 10 mg de THC au minimum par unité, proposés aux saveurs ananas, pomme, cola, blue razz et pastèque. La période de commercialisation déclarée s’étend du 24 juin au 29 juillet 2026.
Le deuxième vise des gummies indiqués à 20 mg de THC au minimum par unité, aux saveurs elderberry et mai tai. Selon RappelConso, ils ont été commercialisés du 4 mai au 29 juillet 2026.
Une troisième fiche, publiée le 7 octobre, concerne des produits indiqués à 30 mg de THC au minimum par unité, aux saveurs fraise, pomme, cola, myrtille et tropical. Leur période de vente déclarée va du 24 juin au 29 juillet 2026.
Dans les trois cas, les produits sont présentés comme étant sans marque, vendus en vrac et non conditionnés. La zone géographique mentionnée est la France entière et le distributeur indiqué est la SARL THITAN. Les consommateurs doivent consulter les fiches officielles pour vérifier les références et lots précis, car toutes les variantes d’un même type de produit ne sont pas nécessairement concernées.
Pourquoi RappelConso signale un risque
Le motif affiché est double. RappelConso évoque d’abord la présence de cannabinoïdes, notamment THC et CBD, qui ne sont pas autorisés comme ingrédients alimentaires en l’absence d’autorisation au titre du régime européen des nouveaux aliments. Il mentionne ensuite une teneur en delta-9-THC conduisant à dépasser la dose aiguë de référence retenue au niveau européen.
L’Autorité européenne de sécurité des aliments, l’EFSA, a fixé pour le delta-9-THC une dose aiguë de référence de 1 microgramme par kilogramme de poids corporel. Cette valeur correspond à la quantité pouvant être ingérée au cours d’un repas ou d’une journée sans risque appréciable identifié selon l’évaluation de l’agence. Pour une personne de 70 kg, elle représente 70 microgrammes, soit 0,07 mg.
À titre de comparaison arithmétique, un gummy affiché à 10 mg représente environ 143 fois cette valeur pour une personne de 70 kg ; à 20 mg, environ 286 fois ; et à 30 mg, environ 429 fois. Ces rapports comparent les teneurs minimales indiquées sur les produits à la référence de l’EFSA. Ils ne remplacent ni une analyse de laboratoire indépendante ni une évaluation médicale individuelle.
Les effets du THC peuvent varier selon la dose, la sensibilité, l’âge, l’état de santé, l’usage concomitant de médicaments ou d’alcool et l’expérience du consommateur. Les aliments peuvent aussi produire des effets retardés, ce qui augmente le risque de reprendre une portion avant de ressentir pleinement la première.
Le seuil de 0,3 % n’est pas une autorisation alimentaire générale
Ces rappels permettent de corriger une confusion fréquente. Le seuil de 0,3 % de delta-9-THC souvent associé au chanvre en France et dans l’Union européenne concerne notamment les variétés et certaines conditions de production ou de mise sur le marché de la plante. Il ne transforme pas automatiquement tout produit contenant des cannabinoïdes en denrée alimentaire autorisée.
Pour un aliment, d’autres règles s’appliquent : sécurité de la denrée, composition, statut des ingrédients et, le cas échéant, autorisation comme nouvel aliment. La Commission européenne et les États membres ont rappelé en 2023 que le CBD et les autres cannabinoïdes, lorsqu’aucun historique de consommation significative avant le 15 mai 1997 n’est établi, relèvent du règlement sur les nouveaux aliments. Leur emploi alimentaire nécessite alors une autorisation préalable.
Le pourcentage dans une matière première et la dose effectivement ingérée par portion sont par ailleurs deux notions différentes. Un chiffre exprimé en milligrammes par gummy permet d’apprécier l’exposition liée à une unité ; il ne doit pas être assimilé sans calcul à un pourcentage de THC dans la plante ou le produit fini.
Des rappels volontaires, sans bilan sanitaire publié
Les trois procédures sont qualifiées de rappels volontaires, sans arrêté préfectoral. Cela signifie que le professionnel a engagé la mesure et transmis les informations publiées sur la plateforme officielle. Cette qualification ne retire rien aux consignes de retrait, mais elle doit être distinguée d’une interdiction administrative prononcée par arrêté.
Autre nuance importante : les fiches ne signalent aucun cas clinique attribué à ces gummies. Il serait donc inexact d’affirmer qu’ils ont provoqué des intoxications ou des hospitalisations. Leur formulation comporte également un calcul peu clair, reproduit de façon identique pour les trois dosages. Les comparaisons ci-dessus sont recalculées directement à partir de la dose aiguë de référence publiée par l’EFSA et des teneurs minimales annoncées.
Enfin, la période de commercialisation indiquée s’est achevée fin juillet, alors que les rappels ont été publiés début octobre. L’enjeu concerne surtout les personnes qui auraient conservé des gummies achetés pendant cette période.
Que doivent faire les consommateurs ?
RappelConso demande de ne plus consommer ni utiliser les produits concernés, de les rapporter au point de vente et de solliciter un remboursement. Les personnes qui pensent avoir ingéré un produit rappelé et qui ressentent des symptômes doivent demander conseil à un professionnel de santé ou contacter un centre antipoison. En cas de symptômes graves ou d’urgence, il convient d’appeler les services d’urgence.
Ces mesures ne visent pas l’ensemble des gummies au CBD ou au THC disponibles sur le marché. Elles concernent des références précises distribuées par une entreprise identifiée. Elles rappellent néanmoins l’importance de vérifier la composition, la dose par unité, la traçabilité et le statut réglementaire des produits comestibles contenant des cannabinoïdes.
Note de prudence : cet article fournit une information générale au 9 octobre 2026. Il ne constitue ni un avis médical ni une consultation juridique. Le THC est psychoactif ; après ingestion, il ne faut pas conduire ni utiliser de machine. Une vigilance particulière s’impose pour les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes vulnérables et celles suivant un traitement.
Sources
- RappelConso — Gummies 10 mg de THC, publié le 6 octobre 2026
- RappelConso — Gummies 20 mg de THC, publié le 6 octobre 2026
- RappelConso — Gummies 30 mg de THC, publié le 7 octobre 2026
- EFSA — Évaluation de l’exposition aiguë au delta-9-THC
- Règlement (CE) n° 178/2002, notamment son article 14
- Commission européenne — Déclaration sur le CBD et les nouveaux aliments, 27 février 2023
Contenu informatif publié le 9 octobre 2026. Il ne remplace ni un avis médical ni un conseil juridique. Les règles peuvent évoluer : vérifiez les textes en vigueur.


